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Archéologie : découverte d'une fortification de la guerre de 1870

Un diagnostic archéologique à Nanterre met au jour une fortification de la guerre de 1870. Un voyage dans le temps, avant la construction du Centre d’accueil et de soins hospitaliers.

Un projet de réhabilitation en éco-quartier du Centre d’accueil et de soins hospitaliers de Nanterre est à l’origine d’une intervention archéologique qui s’est déroulée du 17 mai au 4 juin 2021. L’opération, réalisée par le service interdépartemental, a porté sur deux zones de l’hôpital (jardin et cour d’environ 3 100 m²) et a révélé plusieurs vestiges évoquant le XIXe siècle. 

Les plus remarquables sont des maçonneries qui ont servi à stabiliser des remblais apportés massivement afin de former une terrasse. Certains sont conservés jusqu’à 1,85 m de hauteur et deux de ces murs forment une pointe (un redan), que l’on peut associer aux fortifications de type Vauban. Des cartes anciennes de 1870-1871 représentent justement une construction à cet endroit. L’édifice y est nommé Redoute de Petit Colombes qui a été bâti afin de résister à l’avancée des armées prussiennes. 

Une galerie souterraine de 65 m de long, dotée de deux salles voûtées, a pu être « redécouverte » lors de l’intervention. En effet, bien qu’aucun plan de l’hôpital ne la signale, elle est probablement contemporaine de la construction de l’établissement, en 1879,  et s’avère toujours en fonction aujourd’hui. Les deux salles pourraient être les parties souterraines de latrines qui étaient situées en surface, au centre d’une cour bordée par des bâtiments cellulaires. Cette découverte rappelle, qu’à sa création, le Centre d’accueil avait une vocation carcérale. 

 

 


L’intérieur de la galerie souterraine

(© Cliché : J.-D. Desforges., Établissement public interdépartemental Yvelines/Hauts-de-Seine, 2021) 

 

Enfin, le diagnostic a révélé une vaste excavation d’au moins 61 m de long sur 10 m de large et plus de 5 m de profondeur. Elle correspond à la partie nord d’une carrière de sable encore en fonctionnement à la fin du XIXe siècle, connue comme la « sablière Hubert ». Par la suite, ce trou béant aura servi de décharge durant toute la première moitié du XXe siècle.